Je suis une droguée en manque...

Nuit, peur, soif... couloir... silence... draps... course... refuge...cheveux...mordre... Sommeil.

Secret, silence, larmes, souffrance... cheveux...tendresse...silence

Chut... prisonnière... étreinte... jamais.

 

Ce besoin toujours plus grand de l'étreinte et pourtant ce manque aussi grand que toute la galaxie... Je ne serai jamais rassasiée, je suis née avec ce défaut de naissance.

Le contact peau à peau... les gens sont loins de ma peau, et je suis loin de leurs bras. Il y a comme une barrière si haute, si épaisse...

La nuit, j'y pense, les serrer contre moi, très fort, et je repense aux moments trop rares et précieux où c'est arrivé. Je me dis que je me rattraperai sur les suivants, ceux qui viendront peut être un jour et que je ne connais pas encore. En attendant je me gave de ses bras, parce que sans ça je n'aurai plus de souffle... J'étouffe, je meurs, le manque est cruel.

 

Il existe un pays, dans ma tête. Tout un pays entier où jamais on ne manquerait de bras, de bouches et de mains, pour serrer, embrasser et caresser. C'est le pays où on n'arrive jamais, loin loin juste à la frontière des regrets, et avant celui de la solitude... Un pays communiste de câlins, capitaliste de baisers, anarchiste dans la tendresse et loin loin de toutes les considérations matérielles.

Car si je ne manque de rien, c'est parce que je manque de l'essentiel, et que malgré tout ce qu'on peut me faire de bien, je ne serai jamais rassasiée, même en dévorant morceau par morceau les gens que j'aime.

Le bras de ma mère le soir, sa peau qui sentait le soleil, qui sentait bon... Envie de la mordre, très fort, pour la garder toujours près de moi. Mais non... on ne mords pas sa mère, ce n'est pas bien.

J'ai besoin de mordre, parce que j'aime...


C'est si dur d'être vivante... et pourtant il n'y a pas de tendresse dans la mort... Quel paradoxe insoutenable. Je ne suis pas faite pour y survivre sans dommage, tout ça est cruel.

Nuit... solitude... manque... sommeil.

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