Plus le temps passe, et plus ce mot reste noué dans ma gorge, et même parfois au bout de mes doigts, lorsque je lui écrit des lettres imaginaires... mon père.

J'ai appris à guérir de cette maladie d'amour que j'avais pour lui, pour protéger mon coeur trop sensible, alors j'ai mis des barrières et des paravents, pour qu'il ne puisse plus m'atteindre et que je ne le voie plus.

Mais au fond je sais qu'il suffirait de peu pour que tout s'écroule et que le barrage de mes yeux cède, il ne faut pas... Il ne faut plus, parce que c'est fini tout ça.

Depuis toute petite c'était mon grand héros, le meilleur des hommes et j'étais si fière de lui ressembler tant. On avait une vraie complicité, comme celle que ma mère et mon frère ont tous les deux. Je me souviens on avait nos délires et ils avaient les leurs, alors tout le monde était content, j'étais heureuse de gambader dans les champs de mais la nuit avec lui, de jouer aux cartes avec ses copains, et je voulais toujours qu'il soit fier de moi, mais il n'était jamais fier de moi, et si il l'était, je n'en ai jamais rien su. Ma mère me rassurait là dessus, mais ça ne compte pas du tout, c'était comme si elle disait ça pour me consoler, comme si ce n'était pas vrai et qu'elle avait tout inventé.

Et puis un jour, on ne se ressemblait plus, je suis devenue grande, et lui il s'est mis à boire un peu plus chaque jour, chacun à notre façon on s'est détruit, d'abord personnellement puis l'un contre l'autre. Lui buvait, et moi je faisais toutes les bétises possibles, et lorsqu'on se retrouvait face à face, c'était pour se hurler dessus. Mais au fond, je crois que chacun de notre côté on pleurait après ça, on pleurait sur notre sort d'abord, mais aussi sur tout ce qu'on avait perdu.

Je sais que ce père là n'existe plus, mais même si je le sais j'espère toujours, alors je me force à le haïr et quand je le vois si malheureux, ça me brise le coeur mais je m'efforce de le détester encore plus.

On a beau dire, en général, que les pères ne savent pas y faire avec leur fille, mais le mien s'il ne s'était pas mis à boire, il aurait exactement su quoi faire, comme il savait le faire avant... mais c'était il y a longtemps, il y a 16 ans que c'est comme ça.

Je crois que si j'ai fait toutes ces conneries, c'était pour lui ressembler. Je me suis mise à boire aussi, à fumer, à ne plus rentrer à la maison le soir et à m'engueuler avec ma mère et mon petit frère. Je suis vraiment descendue au plus profond qu'une ado puisse descendre (si ce n'est que je ne me piquais pas), ça n'en finissait plus de descendre, toujours plus loin, et je n'arrivai plus à me rattraper. Après c'était foutu, tout le monde me voyait comme une gamine infréquentable, en qui on ne pouvait pas faire confiance le moins du monde. Pourtant au fond je ne suis pas comme ça du tout.

Et maintenant, c'est tout foutu. Quand il a commencé à exagérer, je me suis servie de son problème d'alcool comme prétexte, bien sûr ce n'était pas qu'un prétexte mais quand même, j'en ai usé. A l'école par exemple, un jour je n'avais pas fait mes devoirs, et je me suis faite engueuler par la prof, elle m'a forcée à écrire une lettre avec les raisons pour lesquelles je ne faisais jamais mes devoirs, alors j'ai dit que c'était parce que mon père était alcoolo, qu'il est violent et qu'à la maison je n'étais pas assez tranquille pour faire mes devoirs, ce qui n'était pas faux non plus mais mes devoirs j'aurai pu les faire si j'avais vraiment voulu...
Et c'est là que tout s'est emballé, parce que la prof m'a envoyée chez l'assistante sociale de l'école, et comme une conne j'ai tout raconté, et au bout de quelques "séances" j'ai fini par dire : j'en viens à me demander si ça ne serait pas mieux si mes parents divorcaient.
Alors elle a convoqué ma mère, et elle lui a parlé de tout ça, ce qui a convaincu ma mère de s'en aller, bien sûr elle y pensait déjà avant, mais je crois que ça l'a poussée à prendre sa décision.
Je crois qu'elle attendait que mon père change, qu'elle espérait que tout redevienne comme avant. On a beau dire aux enfants que ce n'est pas leur faute si leurs parents divorcent, mais dans mon cas, j'ai contribué à ce qu'ils se séparent. Après, un jour que ma mère était en colère après moi parce que je ne l'aidais pas à ranger l'appartement qu'elle louait pour qu'on y vive après être partis de la maison, alors j'ai dit que de toute façon je m'en fichais parce que je n'avais pas choisi de vivre là et que c'était son appartement, un truc du genre, alors elle a dit : c'est toi qui a voulu qu'on divorce, tu as eu ce que tu voulais, je n'avais rien demandé, c'est ta faute si je suis partie de la maison où on habitait...
Et elle avait raison, sauf que c'était quand même aussi la faute de mon père. Bien longtemps après elle m'a dit que de toute manière c'était la chose à faire et qu'elle regrettait de m'avoir dit ça, mais moi je me dis qu'il n'y a que la vérité qui blesse.

Après ça, mon petit frère allait chez mon père tous les week ends, mais moi je n'ai plus voulu le voir, ça a duré un an comme ça. Le jour de Noël il est venu reconduire mon petit frère à la maison et il lui a offert ses cadeaux devant moi, il ne m'a même pas regardée, il n'a pas fait attention à moi du tout, il a juste dit que je n'avais qu'à venir aussi. Mon petit frère me racontait tout, en fait ils allaient le week end chez la nouvelle amie de mon père, cette femme avait 5 enfants et mon frère disait que c'était comme si il nous remplacait, parce qu'il offrait même nos jouets aux enfants de cette femme. Un jour, avec ma mère on revenait chercher des affaires à la maison, on a vu cette femme, un minijupe-tailleur léopard, bottes montantes, cheveux décolorés en train de faire les carreaux dans notre cuisine... C'était elle. Une vraie pute, j'vous jure. On n'a rien dit et on est allés chercher les affaires et on est vite partis... J'étais furieuse contre lui !

Ensuite, ça a été terminé avec cette salope et ses saletés de momes, deux ans après donc, je ne l'avais que croisé pendant deux ans, et il est revenu tout sourire. On parlait dans le salon chez ma mère et il m'a caressé les cheveux, et il m'a dit qu'il m'aimait. Et ça m'a fait tout bizarre qu'il fasse ça, parce que depuis quelques années le seul contact physique c'était les coups et les insultes... Ou les menaces au suicide... (Oui parce que quand il est saoul, mon père dit qu'il va se foutre en l'air, il ne le fait jamais, mais quand j'étais petite je le croyais, et j'avais peur qu'il le fasse, alors ça faisait passer la pillule et j'essayais de lui remonter le moral, je me relevais la nuit pour voir s'il n'était pas mort, tout ça). Enfin bref, du coup ça m'a fait tout bizarre, mais ça m'a mise plus en colère encore, parce que s'il revenait c'était juste parce qu'il se sentait seul sans sa poufiasse et sa rimbambelle de gamins... (En fait la femme était folle, et elle a été enfermée dans un asile et les gosses dans des familles d'accueuil d'après ce que j'ai compris).

Après ça, comme une conne je suis tombée dans le panneau, et j'ai cru qu'on pouvait bien s'entendre, j'essayais de faire l'impasse sur son alcoolisme. Quand j'allais chez lui il disait plein de saloperies sur ma mère, il parlait de sa vie sexuelle avec ma mère, et tout ce qui lui passait par la tête pour la dénigrer, et pour finir j'étais de son côté, alors à chaque fois quand je rentrais chez ma mère, je la détestais, parce qu'il avait réussi à me faire croire que tout était de sa faute.
Un jour, il vivait chez une vieille femme riche (comme un espèce de gigolo-homme à tout faire), on est allés un week end là bas, la femme semblait très gentille de premier abord, et mon petit frère qui l'avait déjà vue avant semblait bien s'entendre avec. Mais il y avait comme un malaise, avec mon père et mon frère tout allait bien, mais avec moi elle agissait comme si elle était jalouse de moi, alors moi j'en faisais des tonnes pour monopoliser mon père (ce n'était pas dur parce qu'il n'en avait rien à foutre d'elle, c'était juste pour avoir un toit et du fric). Et on était à table, on mangeait de la soupe dégueux qu'elle avait faite (mais il m'arrive d'être polie et de dire : hmmm c'est très bon ^^) et là elle lâche : mais tu sais Lou, ton père il n'y est pour rien dans le divorce de tes parents, ta mère n'avait qu'à pas le tromper sans arrêt comme ça, en plus il est bien gentil car vous n'êtes même pas ses enfants et pourtant il vous aime comme un père... J'ai reposé ma cuiller, et je n'arrivais pas à avaler la soupe, j'aurai bien voulu la recracher, mais ça allait tacher son beau tapis et sa nappe impeccable repassée par sa femme de ménage... Alors j'ai avalé tant bien que mal, et la soupe et ce qu'elle venait de dire, et je n'ai rien dit, j'ai dit que je devais débarasser la table et je suis allée pleurer dans la cuisine, je ne voulais pas pleurer devant elle, et elle elle se ramène pour essayer de me consoler : mais ce n'est pas grave, ce n'est pas ta faute si ta mère a couché à gauche à droite... Je lui ai dit que je voulais rester seule et mon père s'est pointé et m'a prise dans ses bras et m'a dit : oh mais ce n'est rien, pour moi tu es comme ma fille, ça ne change rien, tu es ma fille et je t'aime... Après il a dit : elle n'aurait pas du dire ça comme ça à table, du coup sa soupe elle est encore plus amère à avaler hein ? J'ai dit oui, il a seché mes larmes avec son gros mouchoir tout troué et a ajouté : tu sais il ne faut pas lui en vouloir (à la vieille riche) c'est parce qu'elle est jalouse de toi... (donc je ne m'étais pas trompée) je lui avait dit de ne pas le répeter.

Alors le dimanche soir, quand je suis rentrée chez ma mère, je lui ai hurlé dessus, elle se demandait ce qui se passait, elle m'a dit : mais pourquoi vous êtes toujours remontés contre moi quand vous revenez de chez votre père. Je n'ai rien dit, je suis juste partie dans ma chambre ou dehors je ne sais plus. Je lui ai râlé dessus pendant une semaine environ, sans lui dire ce que je lui reprochais. Mon petit frère non plus ne lui a rien dit, lui il était toujours muet comme une tombe, il ne disait rien sur ma mère à mon père, et rien sur mon père à ma mère, et il m'en voulait quand je racontais des trucs (mais je ne disais rien de spécial, à part par exemple qu'on avait un nouveau frigo ou que je n'aimais pas la vieille de papa).
Bref elle est venue dans ma chambre, je lui ai dit de dégager de là mais elle a tenu bon et elle est restée, alors j'ai commencé à l'insulter, mais elle ne s'est pas énervée, et quand j'ai vu qu'elle avait l'air triste je lui ai tout expliqué. Elle avait l'air super sincère, c'est pour ça que je l'ai crue elle, je ne l'ai pas crue tout de suite, elle m'a dit que ce que mon père avait dit était faux, et qu'elle ne l'avait pas trompé, jamais, qu'elle n'était pas comme ça. Après j'ai dit que je ne savais plus qui croire, je voulais faire un test de paternité, j'ai longuement réfléchi, pendant des nuits et des nuits, et finalement j'ai dit que je ne voulais pas savoir, parce qu'après tout ça ne changeait pas grand chose. Mais après j'ai cru ma mère, au détriment de mon père.

C'était vraiment dur cette période là, en plus tant que je n'avais pas 18 ans, j'était obligée d'aller chez mon père, beaucoup de fois je n'y allais pas, mais de temps en temps. Après l'histoire du "je ne suis pas ton père biologique" j'ai fini par voir clair dans son jeu, il essayait tout pour me remonter contre ma mère, et je voyais bien que ma mère même si elle avait de la rancoeur n'hésitait pas à prendre sa défense quand on critiquait notre père, mais mon père ne faisait jamais ça, de toute façon on ne disait plus rien à mon père sur ma mère parce que sinon c'était pire et il en rajoutait une couche. J'ai vraiment pris conscience qu'il se servait de nous, et j'ai choisi mon camp, celui de ma mère, même si elle n'avait pas cherché à ce que je sois de son côté, pour elle je ne devais pas choisir de camp, mais il le fallait bien parce que mon père m'a obligée à choisir, alors j'ai choisi ma mère parce qu'elle au moins elle ne se servait pas de nous, elle a fait des erreurs comme tout le monde mais ne nous détruisait pas... mon mère lui on aurait dit qu'il essayait de nous détruire en même temps qu'il se détruisait.

Alors après je l'ai vu de moins en moins. Il s'est mis à téléphoner sans arrêt tard le soir (voir la nuit) et nous tenais des heures au téléphone, il était saoul, il pleurait, nous suppliait, disait qu'on lui manquait etc etc. C'était toujours des reproches.
Et donc je craquais toujours, mais quand j'allais le voir, c'était fini tout ça, il me critiquait sans arrêt, se moquait de moi et n'arrêtait pas de me comparer à mon frère, tout en s'enfilant bière sur bière, nous faisant fumer des joints, etc etc.

Jusqu'au jour où il a eu une nouvelle copine, et franchement ça lui a plus ou moins réussi au début, en fait mon frère et moi quand on n'a plus de nouvelles de mon père, on sait qu'il nous a remplacés par une nouvelle famille (il prends toujours des femmes avec plein de gosses et s'occupe des gosses, et s'en fout de nous) jusqu'à ce que ça soit terminé, alors après il nous recontacte. Cette femme là elle était gentille mais très envahissante, quand on allait là bas, elle n'arrêtait pas de parler parler parler, on n'arrivait pas à en placer une,  et elle nous parlait de sa vie privée et intime avec notre père, elle buvait aussi, nous racontait sa vie etc etc... Moi et mon frère on n'aimait pas ça, mais on aimait bien quand même cette femme là malgré tout, elle était gentille et parfois on rigolait bien avec elle, quand on arrivait à en placer une, elle était toujours réconfortante envers nous, et prenait notre défense contre notre père. Mais parfois elle était terrible, par exemple un jour elle a accusé mon petit frère de la regarder s'habiller à travers le plancher... tout en rigolant; mais fifi et moi on était choqués, mon frère il avait à peine 12 ans et en plus elle n'était pas spécialement bonne, si elle avait été une bombe sexuelle je ne dis pas, mais là... faut pas exagérer, et même mon frère n'aurait jamais fait ça.

Mais finalement il l'a quittée, il lui a trouvé un chalet et l'a aidée à emménager, depuis on en entends plus tellement parler.
Donc son manège a recommencé, sauf que moi à ce moment là je vivais ma vie, j'étais partie de chez ma mère, du coup j'ai pu choisir de réellement l'éviter.

Et puis voyant qu'on l'évitait, il s'est mit à raconter qu'il allait mourir, qu'il avait un problème cardiaque très grave, blablabla... qu'il devait se faire opérer mais que ses médecins ne savaient pas quoi faire... Mon père il ment sans arrêt, en fait ça fait des années qu'il raconte ça, ses médicaments je les ai vu, il a voulu m'en faire prendre et après j'ai regardé la boite, c'était de la vitamine C ... il dit toujours des trucs comme ça pour qu'on culpabilise et qu'"on aille le voir, il n'a pas capté que ça fait tout l'inverse.

Un jour il s'est pointé chez moi avec un type que je ne connaissais pas du tout, je croyais que c'était mon homme qui rentrait alors j'ai décroché l'interphone, du coup il a su que j'étais là, alors j'ai ouvert... et voilà un gros motard et mon père qui se ramènent chez moi, complètement saouls. Moi je n'ai jamais rien à boire chez moi, en partie à cause de mon père, parce que sinon il boit, il boit et ne pars plus. Ils se sont assis dans le fauteuil, il a commencé à parler et à délirer sur plein de choses, et tout d'un coup sans crier gare il m'a attrapée par le cou et m'a dit : tu crois que je suis fier de ce que tu es devenue ? T'es pas ma fille. Il serrait très fort, j'avais super peur, son copain motard disait : arrete, arrête, c'est pas pour faire ça qu'on est venu. Il n'a pas déserré sa main, il m'a dit : doudouce et m'a caressée les cheveux, m'a serrée très fort dans ses bras en me disant qu'il m'aimait, il me serrait de plus en plus fort, et il a dit : dis moi que tu m'aimes ! Dis moi que tu m'aime, mais moi je n'ai rien dit, en plus je n'aurai rien su dire vu qu'il était en train de m'étrangler et en même temps de me serrer très fort, alors il m'a donné un grand coup de poing sur le crâne, et là son ami s'est levé et est arrivé à lui faire déserrer mon cou, et il a dit : vient P. on s'en va ! Et moi j'ai dit : oui partez ça vaux mieux, mon père a dit : non je discute, alors moi j'ai crié : dégage de chez moi, c'est chez moi ici alors arrête... Et ils sont partis.
J'étais vraiment choquée, après ça je ne me suis plus sentie en sécurité chez moi, les gens me demandent souvent pourquoi je ne décroche pas mon téléphone le soir, beaucoup pensent que c'est parce que je n'aime pas le téléphone... en fait je ne décroche pas parce que j'ai peur que ce soit lui, car ça lui est déjà arrivé de téléphoner du café de l'autre côté de la rue pour voir si j'étais là et ensuite pour rentrer (et même qu'un jour la voisine lui a ouvert la porte en bas).

Ce jour là, j'ai décidé que c'était fini, et qu'il m'avait assez détruite comme ça, d'ailleurs il m'en a fait bien d'autre, ma note ferait des pages et des pages si je racontais tout. En fait ça a été dur au début et ça me faisait mal au coeur, plusieurs fois je me suis retrouvée repliée sur moi même en train de pleurer et de crier : papaaaaaaaa... Mais ça m'a passé, maintenant j'arrive à enfouir ça en moi et à surtout ne plus m'appitoyer et à chercher à le revoir. J'ai choisi de couper les ponts. Beaucoup de gens ne comprennent pas ma décision, mais ils ne savent pas combien cette relation avec mon père est malsaine et destructrice, moi j'ai décidé d'avancer, c'est d'ailleurs une amie qui venait régulièrement sur mon blog qui m'a conseillé de faire ça parce qu'elle avait vécu des choses similaires avec son propre père et elle avait coupé les ponts, et m'avait dit que depuis ça allait mieux pour elle. Alors c'est ce que j'ai fait. Je ne le vois plus que très rarement, cette année je suis parvenue à ne pas lui envoyer de sms pour la fête des pères, il ne me l'a meme pas reproché (un jour on a ouvert la porte par mégarde un samedi matin Das et moi, il y a deux mois). Il avait l'air bien, il n'était pas saoul en tout cas (en même temps il n'était que 10h du mat).

Mais franchement, même si j'ai coupé les ponts, même si je sais que mon père ne mérite pas ce nom, il me manque quelque chose, et je crois que jamais je ne récupèrerai ça...  De toute façon jamais il n'arrêtera de boire, j'en suis sûre, il ne se rends même pas compte qu'il a un problème, et de toute façon même s'il arrêtait de boire, il est quand même tel qu'il est, l'alcool n'est qu'un révélateur. Il a tout foutu en l'air.

On m'a déjà dit que j'étais dure quand je parlais de mon père, ça choque certaines personnes, mais ils ne savent pas tout ce qu'on a enduré. Mon beau père (enfin l'amoureux de ma mère, ils ne sont pas encore mariés ^^ mais qui sait ^^) par exemple ne comprends pas que je ne veuille plus parler à mon père, c'est normal, je crois que personne ne peux s'imaginer à quel point mon père est malfaisant envers nous, et quand on ne connait pas tout ça, on se dit qu'il a l'air bien malheureux et on s'appitoye sur son sort, mais franchement faut pas, parce que quelque part c'est lui qui a cherché tout ça. Mais je comprends que mon beau père dise ça; mais ce serait trop long à expliquer, je sais qu'il lira sans doute cette note et ma mère aussi, y a des trucs là dedans qu'elle ne sait pas, je ne raconte jamais tout, ce serait trop long et surtout d'en parler à quelqu'un ça ne me fait pas du bien, au contraire. Alors pourquoi l'écrire dans ce blog ? Ben en fait j'en sais trop rien, je crois que j'avais besoin d'écrire tout ça ce soir. En fait je vient de voir un film à la con sur les relations père-fille...

Je n'arrête pas de me chercher des substituts de père, faut que j'arrête de faire ça, c'est nul. De toute façon je n'en trouve pas, c'est normal, on n'en a qu'un. Alors ce que je fais, c'est que je me gave de séries familliales, de films écoeurants et dégoulinant d'amour parent-enfant, des chansons tout aussi dégoulinantes, et je me débrouille avec ça. Par exemple en ce moment je regarde la petite maison dans la prairie, j'adore la relation qu'a Charles Ingalls avec Laura sa fille, ça me fait du bien de voir ça, c'est comme si ça réparait, non pas le mal que j'ai au fond de moi mais l'image du père que j'ai, ça m'aide à savoir ce qu'est une relation père-enfant positive, je crois.

Et puis aussi ça m'aide de le détester mon père, parce que comme ça quand je le revois je ne suis pas déçue, et au contraire si je le vois et qu'il est plutot dans un bon jour, je suis contente (mais ça s'arrête là). De toute façon ce n'est plus l'homme qui était mon père, c'est une autre personne, que je n'aime pas du tout. Tout ce qui me reste au monde c'est ma mère, et juste elle, avant il y avait elle et Clément mon grand oncle, mais il est mort il y a deux ans maintenant, et puis mon petit frère aussi et mes amis qui font un peu partie de ma famille je trouve, et moi de la leur un peu.

Pfiouuuuuu quelle note hein ? Je suis sure que mon frangin verrait tout ça d'un mauvais oeil, il n'aime pas quand je parle de tout ça, sauf quand on en parle nous deux, il est le seul qui puisse comprendre comment j'ai vécu ça, puisqu'il l'a vécu aussi avec moi au même niveau.
Et franchement je suis fière qu'on soit devenus comme on est lui et moi, ça aurait pu être bien pire je crois, on aurait pu vraiment mal tourner, et en fait on est assez équilibrés et réfléchis, on n'est pas fou et on est sensés. Celà peut paraitre présomptueux que je dise tout ça et aussi d'autres gens ont vécu des choses bien pires, mais chacun porte sa croix et j'ai raison d'être fière parce que ce n'était pas rien non plus :). L'étape décisive sera vraiment quand nous on aura des enfants, mais je suis confiante, je suis certaine que malgré tout, ça se passera super bien. (C'était la note d'espoir de la note ^^ il en faut bien une quand même :)).