Si un jour tu pense que ton amour te sers à quelque chose, alors tu ne m'aime pas.
Un jour, geek et moi on a eu une discussion, comme on a souvent l'habitude d'en avoir, ça part d'un truc bien concret comme par exemple qui n'a pas fait la vaisselle hier, et ça fini en grandes théories sur la vie, la mort, les autres... bref ça ne mène à rien, c'est interminable et chiant... mais en même temps j'adore ça ^^.
Il faut savoir qu'il ne s'est jamais vraiment interessé à ce que j'écrivais, même quand ce que j'écrivais lui était totalement destiné. Dans mes précédentes relations ça ne m'est jamais arrivée, et ça m'a toujours un peu vexée qu'il ne s'interesse pas à ce que j'écris. C'est pour ça, je crois, que je me suis mise à douter de moi et de mes capacités. Tout le monde n'a pas cessé de me répéter que j'avais un don pour l'écriture, et pour une fois je tombe sur un type à qui ça ne fait ni chaud ni froid. Je ne sais pas si c'est bien de douter de ce que tout le monde m'a toujours dit, mais dans un sens ça l'est, parce que ce n'est jamais bien d'être sûre de soi... Oui mais bon y a des limites, il faut un équilibre entre les deux, et l'équilibre est loin d'être rétabli, je me sens toujours aussi nulle.
J'ai beau lui expliquer que c'est important pour moi, et que donc il devrait un minimum s'y interesser, rien n'y fait, il ne s'y interesse pas plus, ou alors il se force, ce qui est pire encore. Récemment par exemple on a encore eu une discussion là dessus, il a dit qu'il ferai des efforts... mais franchement ça m'a fait mal au coeur qu'il me dise ça, parce que faire des efforts, ça veux dire se forcer à faire un truc qui n'est pas évident au départ... Bref compliqué et prise de tête.
Il ne comprends pas pourquoi j'écris, à quoi ça me sers d'écrire un blog, il dit qu'il ne voit pas l'intêret de lire ce que j'écris sur mon blog parce que je l'écris pour tout le monde, et pas juste pour lui. Hors quand je lui écris quelque chose il me dit : oui c'est bien. Et c'est tout...
Je ne comprends pas du tout ce qu'il veux dire en disant que ça ne sers à rien, que c'est inutile, que ça ne lui est de toute façon pas adressé. Alors moi je lui ai dit : oui mais quand tu lis un bouquin ou un article par exemple, le type qui écrit ne s'adresse pas à toi, pourtant tu lis ce qu'il écrit... (c'est vrai quoi il se tient mon argument ^^) mais non rien n'y fait. En fait il en a conclu qu'il allait imprimer toutes les notes de mon blog et les lire et que ça représentait donc un effort de sa part... Hmhmhmhm :s compliqué compliqué...
Alors depuis quelques temps je réfléchis beaucoup à tout ça, je me demande par exemple si l'écriture fait partie de moi, et si elle fait partie de moi est ce que ça veux dire qu'il m'aime juste en partie ? Et est ce que tous les conjoints de gens qui créent des choses sont impliqués et dans le processus de création et dans le résultat ?
Un jour je lui ai dit aussi que ça ne servait à rien qu'on s'aime, et que le jour où il penserait que ça sers à quelque chose de m'aimer, ça voudra dire qu'il ne m'aime pas. Alors ensuite je lui ai dit que ça ne servais à rien non plus de créer, dans l'absolu ça ne sers à rien du tout, et le jour où ça sers à quelque chose, c'est de la fabrication, ce qui est différent. (Enfin bon j'ai aussi des idées fort arrêtées sur la question, je me trompe peut être (même surement), je changerai peut être d'avis plus tard).
Et de toute façon, je me dis aussi que je ne suis pas sortie avec lui pour causer littérature, que c'est justement autre chose peut être qui m'a attirée chez lui, et maintenant c'est comme si je me disais : oh zut y a pas la clim sur cette bagnole, faut que j'aille chez le garagiste pour qu'il me l'installe (beurk quel exemple de merde ^^ j'ai rien trouvé d'autre pour comparer :p). Donc je le savais au départ qu'il s'en foutait que j'écrive, il ne me l'a jamais caché... Est ce qu'au fond de moi j'esperais finalement bien présomptueusement que la force de mes écrits allait le faire changer d'avis ? En fait ça ne m'étonnerait pas de moi... Je suis présomptueuse et trop fière et parfois trop sûre de moi (de moins en moins en tout cas).
Alors après je me suis dit : mais au fond, pourquoi j'écris ? Et à partir de cette question tout était foutu... Parce que je peux vous dire que de se poser cette question, ça coupe tout ! Quelque part je lui en veux de me l'avoir fait me poser cette question horrible. C'est comme si je m'étais dit : mais c'est vrai au fond, pourquoi je l'aime ? ... quelle horreur. Alors voilà je me retrouve un peu coincée avec ça, avec pour seule issue de ne plus trouver d'utilité à mon écriture... ça commence à remarcher, je crois, il le faut, parce que sans ça, je ne suis plus moi-même.
Je crois que ça l'aiderait si il créait quelque chose lui aussi, s'il sortait de ses tripes tout ce qu'il a au fond en créant avec n'importe quel moyen quelque chose qui lui est propre. Mais comme il n'a jamais vraiment fait ça avant, il ne comprends pas ce que je peux ressentir, c'est l'impasse. Le jour où il commencera à créer, il comprendra... Je crois. Du moins c'est ce que je conclus de cette affaire.
On me dit souvent que je me pose trop de questions, que j'ai l'air zen mais qu'en fait au fond je suis très angoissée et torturée. Je le sais tout ça... Mais comment arrêter de se poser toutes ces questions ? Comment être aussi zen en dedans qu'en dehors ? Je sais que ça libererai mon don (s'il existe, ce que semblent penser beaucoup de gens, mais que je ne crois plus) pour l'écriture.
Je suis certaine que si un jour il s'amenait près de moi pour me parler d'un texte que j'ai écrit, ça débloquerait tout... Mais comment être sûre... Et de toute façon ce n'est pas bien d'attendre que quelque chose se produise, je me dis souvent : aide toi, le ciel t'aidera, parce que je crois profondément qu'il n'y a rien à espérer et qu'il faut tout faire soi même. Et même si j'ai de la chance, même si ça arrive un jour, rien ne me dit que c'est la solution à tout ça... Hm... (Si ça se trouve, si j'étais avec un écrivain, ce serait pire ^^).
Alors, finalement, après avoir tourné tout ça dans ma tête pendant des heures, je me dis que pour l'instant je suis une contemplatrice, ce qui me permettra de profiter du fruit de mes contemplations, lorsqu'un jour je reviendrai devant une page blanche. D'ici là je contemple, j'observe et j'emmagasine tout ce que je peux. (Et oui je suis comme ça, paradoxalement je me prends la tête pour finalement me dire : bah te prends pas la tête, n'y pense plus ^^).
Pfiou quand même ça me fait du bien, si écrire devait servir à quelque chose, ce serait à soulager mes doigts qui n'arrivent plus à suivre ma tête qui cavale toujours plus vite que mes doigts, et quand c'est enfin fini je peux les reposer et être contente que ça soit terminé, pour l'instant.
Ils l'ont dit !