J'étais comme un papillon, je butinais à gauche, je butinais à droite. Pas par choix, mais parce que je n'étais jamais satisfaite, et aussi sans doute un peu narcissique, pragmatique et impulsive, me laissant porter par mes vagues successives de désir.
Et quand parfois on me traitait de dragueuse invétérée, de séductrice, voir même de salope, je m'en offusquait et m'énervait contre ce monde coincé de la raie des fesse.

J'ai toujours été amoureuse, mais de personne en particulier. On peu dire que j'étais amoureuse de l'amour, mais ça ne rends pas ce que j'étais, parce qu'amoureuse de l'amour ça veux surtout dire qu'on est mièvre et fleur bleue, ce que je n'étais pas.

Je voulais vivre des histoires libertines, des ménages à trois, aimer des hommes tolérant envers l'infidélité mais protecteur, goûter aux frateries, et surtout changer, toujours m'envoler vers un ailleurs, un peu insaisissable.

Je n'avais pas de scrupules, de regrets, de remords, et je ne faisais jamais fi de ce qu'on pouvait penser de moi et de mes actes dépravés.

A chaque fois je jurai mes grands dieux que c'était le bon, que ça allait durer, je comptais les semaines, les jours et les heures et j'en étais fière : déjà deux mois et 5 jours, ça fait une éternité, j'ai hâte que ça fasse 2 ans... Pourquoi ? J'en sais rien, je voulais que ça dure à tout prix, c'est tout. Mais ça ne durait jamais.

Mais j'étais toujours autant insatisfaite. Et je pensais que l'amour ne durais jamais plus de quelques mois, ce que j'aimais c'était les rencontres et surtout la période avant le premier baiser et tout ce qui s'en suit (période souvent très courte car je ne résistais jamais longtemps aux tentations alléchantes).

Et puis un jour, j'en ai eu marre. Et j'ai pris le premier qui passait par là. Je pensais me poser, et j'étais sure que ça marcherait parce que je l'avais décidé, parce qu'on dit que ça se construit et qu'il faut s'accrocher et que je devais me contenter finalement de ce que j'avais. Je pensais vraiment qu'on pouvait s'accomoder de n'importe quel homme pour autant qu'il s'investisse aussi.

Malgré tout ça n'a pas fonctionné. J'ai voulu aller de plus en plus vite, comme pour compenser l'amour que je ne ressentais pas vraiment, pour m'occuper.
Mais ça a complètement foiré, j'étais toujours autant attirée par l'herbe dans le jardin du voisin, j'ai tenté de tenir bon, même quand la tentation était très forte. Plus je tenais bon, plus je me sentais forte. Il faut bien dire que quand je l'ai décidé je résiste assez bien à la tentation.

Car ce qu'il faut dire aussi, ça aide d'avoir un certain confort en commun avec un homme, pour résister à la tentation. Car la peur de perdre ce confort nous maintient en place, le temps que la tentation passe.

A mes dépens j'ai découvert que ça ne suffisait pas du tout de prendre le premier venu et d'en faire l'homme de sa vie bon gré mal gré.... en cédant à la tentation une toute dernière fois...

Je suis en couple avec la tentation depuis plus de 4 ans. Et ça me semble bizarre mais j'ai changé. Je ne sais pas vraiment pourquoi, je n'ai plus été tentée, même si les occasions n'ont pas manqué.
Et plus le temps passe mieux ça va. Je ne pensais pas que c'était possible d'aimer de plus en plus une personne et de m'entendre avec lui de mieux en mieux. Avant je pensais que c'était plutôt l'inverse, qu'on s'aime énormément au début et que petit à petit ça se dégrade.

Je suis bien contente, mais un peu déboussolée aussi. J'ai perdu cette partie de moi croqueuse d'hommes pour gagner une autre partie de moi que je ne peux pas définir mais que j'aime bien.

Et je suis bien contente de savoir tout ça maintenant à 24 ans. Car j'aurai pu voyager comme ça pendant des années et des années et avoir finalement plein de regrets à cause du temps qui passe.

Bien sur je ne jure pas fidélité à vie, et je n'en demande pas tant, car je sais qu'on ne peut rien prévoir et que ces choses là, ça arrive. C'est justement de le savoir qui fait du bien à l'âme et qui appaise les envies de papilloner, j'aime douter.

A présent je peux dire que j'aime un homme d'un amour vraiment sincère, et que je ne le consome pas à petit feu; au contraire. C'est agréable de se le dire, et de l'écrire. Je suis fière de moi sur ce coup là ;).