J'abandonne.

Dès que j'ai fait ma place, mon nid, je me tire et si on ne me retient pas, on ne me reverra plus.

 

Je n'ai toujours pas trouvé la recette. A un moment donné j'étouffe, j'ai besoin d'air, je me sens en danger et je fais tout pour qu'on me déteste, qu'on m'abandonne. Et si ça ne marche pas, je me tire sans rien dire, et je ne reviens pas.

Et après viennent les regrets, c'est une des choses les plus difficiles au monde pour moi de revenir quand on s'est enfuit. Surtout quand on est bien trop fière pour se rabaisser à ça.

Peu de gens connaissent la recette pour me retenir et pour me faire revenir. La seule façon de procéder c'est de ne pas me faire de reproches, d'agir comme le père dans le fils prodige et surtout de faire comme si de rien n'était. Et pour que je ne parte pas, alors il faut s'accrocher bien solidement à moi, se ficeler jusqu'à ne faire plus qu'un, ne pas me laisser le loisir de me retourner et de claquer la porte.

Abandonner tout c'est un art de vivre. La joie, de toute façon, ne se trouve que dans les commencements, ensuite vient l'ennui ou plutôt les ennuis. Et surtout ça permet de toucher à tout; de faire des tas de rencontres ainsi que de ne jamais être dépourvu de ce dont on a besoin.

C'est une culture de l'instant présent, mais aussi beaucoup de mensonges (à soi-même d'abord) et un soupçon de lacheté.

Ce qui reflète le mieux l'angoisse que je ressens c'est le texte de St Exupéry quand le petit prince apprivoise le renard. Je crois que la plus grande crainte c'est ça, être responsable de ce qu'on apprivoise. Et être malheureux quand l'autre se tire, alors vaux mieux se barrer avant que ça n'arrive, ça fait moins mal.

Mais très franchement je m'accroche tant que je peux pour ne pas abandonner certaines choses et certaines personnes sans le vouloir, c'est très difficile mais jusqu'à présent je m'en sors.
Vraiment j'ai envie de me poser, j'en ai marre de fuir, j'en ai marre de tout abandonner par peur d'avoir mal, peur de l'échec, peur de ma propre nullité, ainsi que peur d'être vide à l'intérieur.

Les psys et autres débiles diront : état limite ou borderline, entre la psychose et la névrose, la grande poubelle de la psychiatrie.
Le seul qui l'ai jamais compris c'est mon père, c'est lui qui me l'a fait remarquer la première fois, il m'a dit ça comme s'il me complimentait, je crois qu'il pense que c'est une qualité, sans doute parce qu'il ne sait pas que c'est un handicap. De toute façon à ce moment là je ne l'écoutais déjà plus.

J'vais vous dire, je m'accroche à ce blog, en ce moment j'essaye de poster une note par jour, j'espère que ça tiendra, jusqu'à présent ça va. Après tout je suis comme chez moi ici, c'est mon espace et oui c'est intime, intime ne veux pas dire secret, ça veux dire intérieur et profond même si ce mot revêt souvent le sens de "privé". Soit de toute façon je m'accroche tant que je peux. Et si vous ne me voyez plus pendant quelques temps je vous aurai prévenu, il ne faut pas paniquer ;).

Sur ce je vais me coucher.